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Voyages, bagages et nuages: le point de vue d'une hôtesse de l'air dans des grands oiseaux en fer.

30 Dec

Les dix commandements en escale

Publié par Julie  - Catégories :  #Listes, #Travel, #Ciel

Equipage sympathique, cadre idyllique, hôtel de luxe.. En débarquant en terre inconnue on se sent aussitôt en vacances. Mais attention, un " découcher " ne rime pas exactement avec congé. Que l’on fasse escale douze heures ou trois jours, il faut bien différencier cette parenthèse détente avec des collègues de votre virée fiesta à Barcelone entre potes.

 

Une tenue correcte, tu adopteras

 

Se balader en pyjama dans les couloirs des hôtels oui, même en peignoir pourquoi pas. Par contre, on évite de prendre le petit déjeuner en tongs et mini shorts- même pas à l’Ile Maurice - dans les salles de restaurant hyper select, sous peine de se voir attribuer des regards assassins.

 

Un effort de curiosité, tu feras

 

On met le nez dehors, sinon à quoi bon faire ce travail ? Tout le monde n’a pas la chance d’aller à Goa, Séoul ou Hong Kong et d’être payé pour ça. On découvre, on s’intéresse à la culture. Investissez dans un bon appareil photo. Tout en restant prudent, on brave l’inconnu et sort des sentiers battus. Non, la street food n’est pas synonyme d’intoxication alimentaire. Le top : apprendre les bases de la langue du pays dans lequel on va, même si c’est le mandarin.

 

Solidaires, tu seras

 

On passe les bons plans aux nouveaux, on refile les bonnes adresses. On ne joue pas les désabusés devant ceux qui piaffent d’impatience d’atterrir dans un pays où vous êtes allé des dizaines de fois, rappelez-vous votre excitation à peine quelques mois plus tot.

 

La discrétion, tu cultiveras

 

Vous trouvez le chef de cabine bien miam et en feriez bien votre quatre heures ? Si vous parvenez à vos fins gardez-le pour vous, vous pouvez en parler à vos amis mais pas aux collègues. Quant aux amis-collègues, surtout pas. Si la compagnie est petite la nouvelle en fera vite le tour, sur la fréquence potin FM.*

 

D’autant plus qu’il y a toujours des petits malins pour vous repérer « Tiens je t’ai aperçu tard dans le couloir, tu as changé d’étage ? »

 

Aux autres, tu t’ouvriras

 

On ne parle pas ici (seulement) du chef de cabine super canon.

 

On sort le nez de son ordi, on décroche un peu de son téléphone pour rencontrer des gens "dans la vraie vie" (vos proches survivront très bien sans vous, sisi)

 

On a tout à gagner à être sociable et s’intéresser aux autres : aux personnes locales, à la personne qui vous aide en vous voyant perdu avec votre carte.

 

Sans bien sur se laisser avoir par n’importe quel chauffeur de tuk tuk, faites le contraire de ce que votre mère vous a appris : « Ne parle pas aux inconnus ! ». Ceux-ci connaissent bien souvent des coins insoupçonnés.

 

Du repos, tu t’accorderas

 

On chante, on danse, la vie est belle : « J’adore mon travail » pense-t-on en enchaînant les margaritas.

 

Faire la fête oui, mais si c’est le dernier jour de l’escale mieux vaut prendre l’apéro avec modération. Si vous ne le connaissez pas il se rappellera à vous le lendemain avec un rire cynique : « je te l’avais dit ». On a tous pris l’avion avec une gueule de bois, mais c’est moins drôle lorsqu’on travaille (d’autant plus que c’est interdit).

 

Pensez à vous reposer et dormir avant d’attaquer le secteur retour, sous peine de faire un arrêt cardiaque au Redbull.

 

A faire le mouton, tu ne te forceras pas

 

Manger dans un resto qui ne vous plaît pas du tout, refaire pour la énième fois la muraille de Chine : rien ne vous force à rester à tout prix avec le reste de l’équipage si vous n’en avez pas envie. Vous pouvez partir à l’aventure seul, vous risquez même de rencontrer des gens sympas.

 

La débauche, tu minimiseras

 

Enivrez- vous disait Baudelaire. De vin, de guise ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez- vous.

 

On n’y manquera pas. Le fait d’être dans un autre pays pousse à la désinhibition, peut être parce que personne ne nous connaît, on n’a aucune réputation à tenir.

 

On réfléchit à deux fois avant de lancer un tonitruant : « After party dans ma chambre ! » = plainte des voisins + mini bar pillé + room service à votre nom.

 

On ne s’exhibe pas en public en délit de n’importe quoi, on évite de finir au poste. Si la compagnie est informée d’une frasque trop immense vous risquez le renvoi. Restons dignes discrets dans l’ivresse.

 

La tête froide, tu garderas

 

Il n'est pas nécessaire de se plaindre des hôtels choisis par la compagnie, qui sont probablement à mille lieux de celui que vous choisiriez pour vos vacances. On évite les propos de princesse. On n'écoute pas les histoires de fantômes et malédictions, ni les rumeurs de serpents trouvés dans les toilettes, sinon c’est l’insomnie assurée.

 

Pour Superman, tu ne te prendras pas

 

Première fois à Toronto ? Tout excité, vous n’avez qu’une envie c’est de bondir dehors et enchaîner deux heures de trajet pour aller voir les chutes du Niagara. Or vous êtes malades, n’avez pas dormi depuis 48 heures et il fait moins quinze degrés.

 

Ne vous sentez pas coupable de reporter votre virée à la prochaine fois que vous reviendrez, la ville ne va pas s’envoler. Il n’y a aucun mal à rester cloîtré dans l’hôtel de temps à autres tant que ça ne devient pas une habitude, d’autant qu’il y a de quoi s’occuper (spa, piscine)

 

*Galley FM, en fait.

 

**Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’after party attention.

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Plombier paris 02/06/2016 14:19

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