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Voyages, bagages et nuages: le point de vue d'une hotesse de l'air dans des grands oiseaux en fer.

07 Mar

NOI BAI 2017

Publié par Julie

Mauvaise blague à part, je comprends mieux l’expression "J’ai fait le Vietnam."

Cette base eut des airs de road trip lors des jours de congé. Mais le reste du temps, plutôt de jeux olympiques. D’athlétisme, avec des disciplines annexes :

 

Le marathon. Quatre secteurs par jour. Saigon*, Danang, re-Saigon, à moins que ce soit Phu Quoc ou Hui. D’où vient-on, où va-t-on ? Je ne sais plus.

 

Le sprint. L’agent de rampe me fait signe du pouce, feu.

Je ferme la porte, il faut compter les passagers avant les procédures qui précédent le décollage. Viiite ça tangue, on est déjà sur la piste.

Heureusement l’embarquement est rapide : c’est la foire absolue pendant dix minutes puis tout le monde est assis, inexplicable.  

En revanche, il a quelques lacunes au niveau de la géométrie. Il y a donc

 

Le lancer de poids. La conception des formes ne doit pas être la même qu’en Occident car chaque passager va balancer son bagage de façon à prendre le plus de place possible, dans le sens de la LARGEUR.  

 

Le saut en hauteur. Sévères turbulences entre Hanoi et Saigon.


La course de haies. Nous avons trente minutes de battement avant de repartir, en tout cas théoriquement. Cela inclut l’attente pour le stand**, le débarquement, l’embarquement qui suit…et sept minutes pour nettoyer grossièrement la cabine, sans oublier de croiser les cent-quatre vingt ceintures. Attention aux accoudoirs.

 

La course de relais. Même si c’est à des heures bizarres, on dort. Pas l’avion : des contrôles, du carburant et il repart. A peine le dernier passager dehors l’équipage suivant est là pour prendre la relève, on leur souhaite tout le bonheur du monde.

 

La chasse au trésor. Il y a MINIMUM une personne qui vomit à chaque vol, cela peut aller jusqu’à cinq ou six selon la brutalité qualité de l’atterrissage. Mais on ne le sait pas, ils partent comme si de rien n’était. Tout est bien dissimulé dans des pochettes surprises***. Ou pas.

 

L’observation satellite. On connaît tout le Vietnam, vu d’en haut. Lors des - rares - vols ferry (pas de passagers !) on peut profiter de la vue du cockpit pendant l’atterrissage et le décollage. Turbulences à effet grand huit lorsqu'on passe à travers les nuages.

 

L’effeuillage de pâquerettes. Ce repas il est épicé un peu, beaucoup, passionnément..

 

Des chiffres et des lettres. Nous travaillons pour la compagnie Viet Jette, qui ne fournit pas de machine pour calculer le montant qu’il faut dans la caisse : on compte les stocks avant, et après. Tout cela en dong bien sur, la monnaie qui rend dingue. Cela à l’air simple ? ça ne l’est pas.

 

La signature d’autographes. On nous fait signer des papiers par dizaines, pour tout. Les aéroports britanniques et leurs paperasses peuvent aller se rhabiller.

 

Mais alors, qui est sur le podium ?

 

Les vendeurs de rêves. Eux bien sur, les passagers.

 

Les tortionnaires d’enfants. C’est nous : les mamans viets refusent d’imposer quoique ce soit à leurs progénitures - surtout pas attacher une ceinture - supposant que c’est à nous de le faire.

 

Le personnel au sol et son organisation qui nous échappe. De Saigon surtout ( encore !)

 

* Pourquoi avoir renommé l'ancienne capitale Hô Chi Minh si un demi siècle après tout le monde s'obstine encore à l'appeler Saigon? Cela dit, le code de l'aéroport (qui n'a pas bougé) ne facilite pas le changement. 

 

** l’emplacement qui nous est attribué.

 

*** D’où l’utilité des sacs à vomi.

 

NOI BAI 2017
NOI BAI 2017
NOI BAI 2017
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Angeline 27/03/2017 21:39

j'aime me promener ici. un bel univers. venez visiter mon blog

julie 28/03/2017 10:25

Merci angeline ! :) joli blog, très belles photos!

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