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Voyages, bagages et nuages: le point de vue d'une hotesse de l'air dans des grands oiseaux en fer.

27 Jun

Les sudistes à Rio

Publié par Plume

Je n’ai pas l’habitude de faire des récits d’escales, cela prendrait rapidement des allures de Martine en voyage.*

Mais quand j’ai postulé pour la compagnie-nationale-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, je pensais déjà au Brésil.

" Tu connais tous les clichés qu’on entend sur Rio? me dit Nico - récemment embauché, comme moi. On vient déjà avec des images en tête, une idée précise de comment cela va être. Sauf que là, quand tu les vis en vrai...c’est exactement ça."

Vol de nuit, dix heures cinquante. Avec un peu de tentative de sommeil dans le plus luxueux des postes repos, celui du Boeing 777.

- Tu as dormi ? je demande à steward qui a l’habitude de faire cette rotation.

- Non, avec les turbulences je ne suis pas tranquille.

Nous sommes au mois de juin, qui marque la date anniversaire de la catastrophe aérienne de 2009. Chacun à son histoire à raconter sur l’accident du vol 447, le drame est toujours présent dans les esprits. Mais on pense et passe à autre chose, sinon c’est l’angoisse à chaque gros cumulonimbus. L’équipage est en or, c’est l’essentiel.

Atterrissage à l’aube, après quelques heures de sommeil on ballade sur la plage de Copacabana.

" Ca vous dit d’aller dans une favela ?"

Franck, c’est l’homme de l’escale. Il maîtrise le portugais, tutoie les patrons des bouibouis locaux. Il connaît aussi bien Rio que le vieux port de Marseille, interpelle tous les cariocas qui portent un maillot de foot. Un accent chantant et des histoires à mourir de rire.

C’est parti pour la favela Vidigal, pacifiée. On y va en moto, bonzaï. Mon instinct de bloggeuse se réveille au moment de grimper, j’ai bien envie de dégainer mon appareil photo. Ah mais j’ai besoin de mes deux mains pour ne pas disparaître à la première bosse. Rester en un seul morceau sur la moto ou faire une vidéo ? Choix vite vu, d’autant que mon conducteur démarre au quart de tour, en laissant mes trois acolytes derrière.

Esperar mi amigos, por favor! " j’articule dans un espagnol approximatif à travers mon casque.

La montée dure cinq minutes mais c’est dément, il vaut mieux ne pas avoir peur des secousses. On s’aventure sur un long chemin de randonnée, ascension que l’on ne finira pas car la nuit ne va pas tarder à tomber.

Le lendemain nous empruntons le téléphérique qui mène au Pan de azucar avec Nicolas.

" Tu as acheté tes tongs ? On n’est pas à HawaÏ, ça se prononce HaVainas, se moque-il gentiment.

Ce que je trouve dingue ici, c’est la différence d’ambiance. Il y a la plage d’un côté, la promenade avec les gens qui font leur footing et jouent au volley. Et juste derrière c’est la ville, ça grouille, rien à voir. Le contraste est génial."

 

Nous sommes toujours vaillants malgré les caÏpirinhna de la veille et les cinq heures de décalage horaire. La vue est sublime : les montagnes aux formes improbables autour de la baie remplie de bateaux, et la statue du Corcovado au loin.

Le temps se gâte dans l’après-midi, une atmosphère de tempête. Il fait aux alentours de vingt-huit degrés, pas trop rude comme début d'hiver... Je vais à la plage par principe, avec le vent qui éparpille ma glace un peu partout. Puis j’entends des coups de feu au loin, je repense aux conseils de Franck:

" Tu peux être tranquillement assis au resto, il fait chaud, la vie et belle. Mais ça peut péter à tout moment, ici tout le monde est armé alors t’es jamais à l’abri de rien. J’ai déjà vu un dingue dégainer un calibre pour une place de parking. Ma nana s’est jetée sous la table, pendant qu’il arrosait tout le monde."

Tudo bem, retour à l’hôtel qui est juste en face.

Deux jours et demi, c’est déjà fini. Alors non, je ne suis pas allé voir la statue du Christ en haut de la falaise, mais ce n’est que partie remise. Car passer l’escale avec des gens qui connaissent Rio et l’ont dans la peau, ça vaut tous les points de vue.

*Alors qu’en fait NON, c’est dans le cadre du travail, même si on est loin du boulot/dodo. Pour ceux qui en doutent pensez que si Martine partait réellement en vacances elle choisirait un bien meilleur compromis entre la durée du trajet et le temps passé sur place.

Les sudistes à Rio
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